HISTOIRE DU TGV-EST EUROPEEN OU 20 ANNEES DE PERDUES

- Début des années 1970 : Le service recherche de la SNCF réfléchit aux relations qui justifieraient « à long terme »(sic) une liaison ferroviaire à grande vitesse entre Paris, l’Est de la France et l’Allemagne fédérale. L’étude sommaire est faite …sur un tracé Paris-Sarrebruck !

- 1983 : Le succès du TGV Sud-Est conduit le Gouvernement à ouvrir l’enquête d’utilité publique… pour la construction du TGV-Atlantique.

- 1984 : Dans le contrat de plan Etat-Région, l’Alsace demande l’étude d’un TGV-Est avec prolongement au-delà des frontières.

- 1985 : Création du groupe de travail TGV-Est  présidé par M . Rattier. Le rapport, déposé en décembre de la même année, ne cite même pas Strasbourg dans son préambule et prévoit « une phase III » Reding-Strasbourg, présentée comme n’ayant qu’un « intérêt réduit » et de ce fait restant en pointillé sans que l’étude en soit poussée plus avant.

- 1986 : Le Ministre de l’Equipement , M. P. Méhaignerie, inaugurant la Foire de Strasbourg déclare, sans encourir la colère des élus alsaciens, qu’il ne peut pas y avoir de « TGV politique », que l’on vient d’entreprendre le TGV Atlantique, qu’ensuite on réalisera le TGV Nord avant d’envisager le TGV Est d’une rentabilité inférieure ( les études de rentabilité sont faites en faisant de Strasbourg un cul de sac !)

- 1989 : Le Rapport Essig présente le tracé complet de la ligne soulignant « qu’il serait illusoire et stupide » de chercher à phaser les travaux .  Les Collectivités territoriales acceptent de participer à concurrence de 1,5 milliard de francs au financement du projet (c’est la première fois que l’on exige la participation financière des Collectivités territoriales pour un TGV) afin d’ accélérer l’opération, la réalisation de la ligne complète étant alors programmée pour 1996.

- 1989 : Les Chefs d’Etat français et allemand, lors du sommet de La Rochelle, prévoient la construction simultanée de la branche alsacienne et de la branche lorraine du TGV.

- 1996 : Le projet est déclaré d’utilité publique.

- 1998 : Le Comité d’Aménagement du Territoire décide le principe de la réalisation d’une première phase comprenant une ligne nouvelle entre Vaires-sur-Marne et Vandières (270 kms), une décision ultérieure substituant Baudrecourt à Vandières,  avec interconnexion au réseau Ile-de-France ainsi qu’un nouveau pont ferroviaire Strasbourg-Kehl. Le plan de financement de l’opération n’est pas bouclé. La participation des Collectivités territoriales alsaciennes sera portée à 1,8 milliard de francs.

- 1999 : Protocole d’accord sur la réalisation et le financement de la 1ère phase.

- 2002 : Audit portant sur les grands projets d’infrastructure. Le quart Nord-Est de la France est considéré comme la seule partie du territoire national qui ne mérite pas de liaison ferroviaire à grande vitesse.

- 2004 : Création d’une mission de financement de la seconde phase du TGV présidée par M. Claude Libermann, Ingénieur général des Ponts et Chaussées.

- 2005 : M. Libermann estime la charge financière de l’opération à 96 millions d’Euros, dont 46 à la charge des collectivités sur une période de quatre ans.